Un nouveau cycle de la vigne débute en ce moment. Vous avez pu apercevoir (et peut-être encore maintenant) des personnes en train de tailler ; ce qui nous a donné l’idée de vous décrire les différentes étapes du cycle de la vigne. Voici ce qu’en disait le docteur Guyot en 1876.

« En décrivant la méthode de culture de Tournon, j’ai décrit complètement la viticulture de l’Hermitage. On défonce le terrain à 0,80m à 1m et souvent à 1,20m, soit qu’il s’agisse d’une terre vierge, ou bien qu’il s’agisse d’une vieille vigne à déraciner et à renouveler.

Dans ce dernier cas, l’effondrage est accompagné de l’enlèvement de toutes les racines et des moindres racines de la vieille vigne. Pour que ce travail soit fait avec plus de soin, le propriétaire abandonne le bois au vigneron ; cette extraction des plus petites racines semble indispensable, parce que, dit-on, les racines de l’ancienne vigne sont mortelles à la nouvelle.

Tain

Il paraît cependant que ce danger n’est pas reconnu par tout le monde ; car j’ai ouï dire par des vignerons sérieux que dans les Châssis tout près de Tain on s’était souvent contenté de tordre la tige des vieilles souches et de l’arracher ainsi grossièrement, pour replanter immédiatement de jeunes vignes qui ont parfaitement réussi.

Quoi qu’il en soit, les vieilles vignes étant arrachées avec un soin qui ne peut être que favorable, la coutume très-bonne aussi est d’occuper la terre pendant quatre ou six ans par diverses cultures annuelles, par des prairies artificielles et surtout par le sainfoin.

Une préparation minutieuse de la terre

Avant la plantation, on trace au cordeau, en long et en travers, des lignes marquées par de petites rigoles se croisant à angle droit et donnant, par leur intersection, la place où doivent être les ceps, qui sont en général à 1 mètre au carré.

Jusqu’à présent toutes les mesures prises, sauf un défonçage qui n’est utile aussi profondément que dans les grès, sont excellentes ; c’est à la plantation que commence la singularité des pratiques. Un trou vertical, de 0,70m de profondeur, est pratiqué au moyen d’un lourd pal de fer ; puis on descend dans ce trou, à 70 ou 80 centimètres, une longue bouture droite ; on coule autour, par portions et en les tassant successivement et fortement, soit de terreau, soit des vases ou sables de rivières, soit de bonnes terres fines ; puis on laisse sortir deux yeux hors de terre. On appelle cette dernière opération terréauder.

Pourquoi descendre le sarment à 70 ou 80 centimètres dans la terre, lorsque l’expérience a montré, sous les climats et dans les terrains les plus divers, dans l’Aude comme dans l’Hérault, comme dans les Charentes, comme à Nice, que les meilleures conditions de la prompte et grande végétation de la bouture étaient sa plantation à 20 ou 30 centimètres au plus, de profondeur?

Bourgeonage puis provignage

Est-ce que la tradition a prouvé à l’Hermitage que les bouturages à sa méthode réussissaient toujours? Loin de là : il en manque toujours un tiers et souvent la moitié. Mais, dans la moitié ou les deux tiers qui restent, est-ce que les bourgeons poussent avec une grande vigueur? Il s’en faut de beaucoup, car ce n’est qu’à la troisième année, souvent à la quatrième et parfois à la cinquième, que le jeune plant donne des sarments assez longs pour qu’on puisse procéder au provignage ; quant aux fruits, il n’en faut pas parler, il ne s’en produit guère avant le provignage.

Ainsi se termine cette première étape. Nous continuerons la description des différentes étapes lors d’un prochain article.

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