Lorsque nous empruntons la vallée de la Drôme depuis Livron en direction de Die, nous pouvons voir à mi-chemin un magnifique et gigantesque bâtiment de pierre. Nous sommes à Crest, et la tour que nous voyons n’est autre que le donjon médiéval. Le reste, nous laissons le soin à Jules Courtet de vous  le présenter.

Une tour majestueuse

« Au sommet d’un monticule qui abrite la ville de Crest contres les vents du nord, sur une puissante assise de roche coquillière dans laquelle sont taillées les cent vingt et une marches de l’ancienne église des Cordeliers, s’élève une immense construction rectangulaire avec deux angles irréguliers et saillants. Autour de sa base serpentent des murs affectant diverses directions, s’entassent quelques chétives masures, véritables excroissances parasites sur cet immense colosse de pierre. Le sol, à l’entour, est couvert de substruction, preuve évidente que la tour actuelle n’est qu’un débris, un reste de ce qui fut anciennement le château de Crest, cette clef redoutable de la vallée de la Drôme. Le grand côté du rectangle présente un développement de 32,50m et le petit côté une moyenne de 20 mètres. A la base, les parois ont environ 4 mètres d’épaisseur, sur certains points.

… avec un intérieur empli de particularités

L’intérieur n’offre pas de moins remarquables particularités. Au midi, une porte ogivale avec sarrasine, défendue par un machicoulis très-élevé, introduit dans un vestibule, divisé en trois étages par des planchers en bois qui communiquent entre eux par des escaliers également en bois. A chaque étage, deux portes s’ouvrent sur deux grandes pièces oblongues qui occupent toute la partie orientale de la tour. Salles d’armes ou dortoirs. La partie occidentale, plus massive, est occupée en grande partie par des appartements sans jours superposés, cachots pratiqué dans l’épaisseur d’un gros mur à bossages, dont la base en talus forme un des murs latéraux du vestibule d’entrée.

Telle est la disposition générale de cette masse imposante qui domine la vallée de la Drôme, et que les bords du Rhône, à quatre ou cinq lieues de là, on voit profiler hardiment sa silhouette orangée sur l’azur d’un ciel du midi.

Et pour le reste, nous vous invitons à aller visiter ce magnifique édifice bien ancré dans la vallée de la Drôme. »

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