Sur 652155 ha de superficie totale, le département de la Drôme compte aujourd’hui au moins 25000 ha de vignes, la vingt-sixième partie de son territoire ; il n’en possédait que 18000 en 1816 : ses vignobles se sont donc accrus de plus d’un tiers.

Le département de la Drôme peut étendre sa surface vignoble autant qu’il le voudra, car son climat est un des plus favorables à la production des vins de consommation courante et des vins de première qualité : ses vins blancs et rouges de l’Hermitage, qu’on doit placer en tête des premiers vins de France, sont là depuis des siècles pour prouver cette assertion ; et son sol, dans une grande partie de sa superficie, n’est pas moins favorable à la vigne que son climat.

Tain

Le département de la Drôme est appelé à jouer un grand rôle dans la production des bons vins de France. Mais c’est moins encore par son sol et son climat que par son cépage spécial, la petite syra, que les environs de Tain, surtout, se sont acquis une si grande et si légitime réputation.

Honneur au cénobite inspiré, moine ou chevalier, qui s’est retiré du monde ou des batailles pour cultiver autour de sa cellule le précieux cépage qui produit le roi des vins hygiéniques et alimentaires, la petite syra!

Hermitage

Par sa saveur riche et veloutée, par son bouquet fin et suave, et par sa vive couleur grenat foncé, le vin de syra séduit à la fois la vue, l’odorat et le goût. Mais, je le répéterai à satiété, la vue, l’odorat et le goût ne sont point les appréciateurs ni les juges suprêmes du vin ; ce sont les serviteurs du corps et de l’esprit de l’homme. L’estomac, le coeur et la tête sont seuls aptes à se prononcer souverainement sur les propriétés bienfaisantes et malfaisantes des aliments en général et des boissons en particulier, et le vin de la petite syra donne la plus complète satisfaction à ces trois juges.

La syra a été providentiellement plantée à l’Hermitage ; elle y a toujours donné, depuis le XIIe siècle, des vins délicieux ; mais elle y est restée à l’état d’incubation, attendant pour ainsi dire le moment où ses grandes qualités seraient reconnues et où la civilisation pourrait le mieux en profiter.

Aujourd’hui, depuis six siècles et plus peut-être, la syra (la petite ; la grosse est un cépage commun) est à peine descendue des coteaux de l’Hermitage pour s’établir dans quelques crus du canton de Tain et de l’arrondissement de Tournon ; on la suit dans l’arrondissement de Valence, près de Livron, et dans celui de St-Marcellin ; on la retrouve près d’Avignon, au seul domaine de Condorcet, un peu dans l’Ardèche, et enfin, à l’état naissant, dans le vignoble d’essai du Comice agricole de Toulon.

Voici ce que disait le Dr Guyot à la fin du XIXe siècle. Le département est propice à la culture de la vigne, et l’avenir lui donnera raison.

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